3ème séance

REPRESENTER LES FEUX D’ARTIFICE – Comment capter la fugacité

par Eric MONIN

Des réjouissances publiques d’Ancien Régime aux célébrations des fêtes du 14 juillet, les

feux d’artifice n’ont cessé de fasciner des générations de spectateurs médusés par l’intensité de ces

spectacles fracassants qui rappellent par leur violence leurs origines guerrières.

Mais au-delà de cette réalité vécue qui bouleverse tous les sens pendant la courte durée

d’un spectacle au cours duquel se succèdent quantité d’effets imprévisibles, se pose la question

des rapports que cet art pyrique entretient avec le territoire qu’il investit et transforme, ainsi que sa

figuration en deçà ou au-delà de l’événement interprété à grand renfort de bombes, de fusées

diversement constituées. La représentation des effets pyrotechniques à des fins commerciales puis

leur narration a posteriori pouvant servir à prolonger l’état de grâce d’un succès populaire, laisse

deviner toute la difficulté de prédire ou de rendre compte d’un phénomène à la réalité matérielle

insaisissable. Gravés, décrits, peints, photographiés, filmés ou modélisés, les effets pyrotechniques

résistent aux tentatives d’une réception différée, préférant la confrontation physique directe à la

sollicitation des mémoires réactivées. Pourtant, depuis la totalité du corps des spectateurs qu’ils

mettent en branle, jusqu’aux publics planétaires aujourd’hui touchés par la diffusion de ces

spectacles, les feux d’artifice n’en finissent pas de faire rêver, plus ou moins intensément. Cette

intervention propose d’explorer les représentations plus ou moins fidèles de ce phénomène sans

cesse renouvelé, peut-être en raison de toutes ces prises de positions qu’il inspire sans relâche.

 

Plus d’informations: Feux d’artifice

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