7ème séance: POLITIQUES DE L’AMBIANCE

 

MARDI 10 MAI

de 9H30 à 12h30

à l’ENSAPVS salle 705

« POLITIQUES DE L’AMBIANCE» par EMMANUEL DOUTRIAUX

Conférence suivie d’un débat

Notre expérience du monde, à l’heure où s’estompe la primauté du visible, fait question. La place accordée à l’espace en architecture est remise en jeu. Etablissant la recherche en un détachement disciplinaire et une langue propre, autour d’un sujet-œil dont le corps s’est absenté, le concept d’espace se révèle procéder d’une double objectivation. Comme tel, il apparaît assigné à une conception circonscrite, celle du pro-jet moderne. D’où l’hypothèse que nous « n’aurions jamais été spatiaux », sinon au titre de cette vaine parenthèse. Avec la mise en question du spatial, c’est le tout de l’espace-projet qui est en réalité mis en cause. Le choix de l’ambiance ne prétend pas se substituer à la notion d’espace. Si le cadre spatial était le lieu d’un sujet réduit à son œil, il convient désormais d’accorder une large place à l’empire étendu des sens. Champ opératoire de simulation, expression sensorielle et sensible, creuset des socialités, l’ambiance conduit à penser l’architecture comme dispositif de potentialisation des subjectivations et des interrelations. Aussi son horizon de problématisation se partage-t-il entre phénoménologie, sociologie de l’action située et philosophie pragmatiste. Qu’en est-il maintenant de la pensée et de la pratique de l’architecture si on la considère sous le prisme de l’air, cet invisible par « nature »? Conjurer l’oubli de l’air, c’est embrasser les enjeux contemporains de la production architecturale, aux prises avec les injonctions contradictoires de l’échange aéraulique et du contrôle énergétique. C’est reconsidérer le construit au rythme du respiratoire. Ainsi les conditions d’air sontelles à entendre aussi bien au titre de la pression exercée sur le vivre (règle de l’air-conditionning), que des conditions faites à l’air pour ce vivre (régulations sur le mode de l’air libre). L’intervention portera sur les conditions d’air des architectures de l’ambiance, et se proposera d’en approcher les enjeux politiques. S’il apparaît que la fin des grands récits et les crises du collectif hantent la question du vivre-ensemble, il sera examiné comment une sociologie des interrelations du proche en proche aide à penser l’articulation du « faire climat » au « faire société ». Ici seront principalement convoquées deux structures dispositives de ces interrelations, l’une représentative de l’indétermination programmatique et de ses conséquences sur la circulation des corps [Sanaa], l’autre de la potentialisation des usages via la pratique des climats intérieurs [Lacaton & Vassal]

Conférence E. Doutriaux programme

 

Publicités